La paroisse orthodoxe valaisanne fête ses 10 ans  (JEAN-YVES GABBUD)


«Je suis un bon Valaisan», déclare en riant le Père Daniel, alias Jean-Daniel Schmid, dans ses habits de prêtre orthodoxe. Hier, à l'occasion des 10 ans de sa paroisse, son petit-fils a été baptisé par Mgr Marc, évêque auxiliaire de la Métropole roumaine. Le père Daniel vit à Savièse. Il est prêtre, marié et père de trois enfants. Il est même plusieurs fois grand-père. «Dans l'Eglise orthodoxe, le candidat à la prêtrise doit d'abord être marié avant d'être ordonné prêtre, à moins qu'il devienne moine. Le mariage des prêtres n'est pas une question qui se pose pour les orthodoxes. Par contre, les évêques ne sont pas mariés. Ils sont choisis parmi les moines», précise Père Daniel.

Attirés par l'orthodoxie
En bon Valaisan Jean-Daniel Schmid est né catholique. Il a décidé de franchir le pas et de rejoindre l'orthodoxie avec sa famille. «Ma femme et moi avons tous deux été attirés par l'orthodoxie, avant même de nous connaître. Nous avons fait une démarche spirituelle individuelle. Puis, nous avons décidé de devenir orthodoxes, après avoir accompli plusieurs pèlerinages en Terre Sainte. Deux de nos enfants ont fait la même démarche, alors qu'un autre est resté catholique. Ce qui d'ailleurs n'a posé aucun problème familial. L'orthodoxie est une spiritualité dans laquelle je me sens bien. Je ne renie pas l'Eglise catholique, mais j'ai senti le besoin défaire le pas.»
Après avoir rejoint l'Eglise orthodoxe, Père Daniel a effectué trois ans d'études à l'Institut Saint-Serge à Paris pour devenir prêtre orthodoxe, rattaché au Patriarcat de Roumanie. Sa fonction religieuse n'est pas à plein temps. Il travaille toujours comme enseignant spécialisé. En 2000, la paroisse orthodoxe Saints-Georges et Maurice a été constituée. Elle couvre tout le Valais et accueille actuellement plus d'une centaine de personnes issues de douze nationalités différentes, de la Roumanie, bien sûr, en passant par la Belgique, la Bulgarie, l'Erythrée, l'Ethiopie, la France, la Géorgie, le Monténégro, la Russie, la Serbie, l'Ukraine et la Suisse naturellement.

Cohabitation sans problème. Après avoir célébré la Divine Liturgie au Guercet, la communauté se retrouve désormais à la chapelle Sainte-Agnès à Sion. Une chapelle qui sert aussi de lieu de culte aux catholiques. Cette cohabitation n'a posé aucun problème. «Nous avons rencontré un accueil très chaleureux de la part du président de l'association Sainte-Agnès et de Mgr Brunner» se réjouit le Père Daniel. Les orthodoxes valaisans ont même pu organiser des funérailles dans des églises catholiques sans soucis.
Les «inconvénients» de la cohabitation à Sainte-Agnès sont plutôt d'ordre pratique. «Chaque semaine, nous installons notre chapelle, avec une iconostase (ndlr: Une cloison décorée d'images qui sépare la nef du lieu où le prêtre officie) et de grands chandeliers sur roulettes, nous accrochons nos icônes. Le tout doit être enlevé après chaque office.»
Vu que le nombre de fidèles augmente constamment, des démarches officielles sont en cours avec l'Evêché et la ville de Sion pour la recherche d'un lieu de culte fixe.

Article paru dans le Nouvelliste du 13 septembre 2010 


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